Où sont passés les hommes et femmes d’État ?
Au siècle dernier, j’ai l’impression qu’il y avait encore des hommes et des femmes qui faisaient passer le bien commun avant leurs intérêts personnels. Pas sûr qu’ils s’oubliaient au passage, mais ils semblaient avoir un cadre de valeurs fortes, claires et au service du progrès de la collectivité.
Là, quand je regarde, nos dirigeants qui crèvent l’écran ne semblent mus que par eux-mêmes. Le reflet de leur image. L’expression de leurs désirs. Leur vision étriquée, absolue, imposée.
Une situation que je décrypte dans mon dernier thriller : SexOD.
Devenir le chef de la meute…
Chez tous les mammifères vivant en troupeau, il y a un leader. Un mâle (ou une femelle) alpha. De combat en combat, il se hisse au sommet de l’échelle sociale. Tous les rivaux perdants effectuent, après leur défaite, un rituel de soumission. Ils prêtent allégeance. Le leader du groupe peut alors jouir de ses privilèges : l’accès aux meilleures ressources, aux meilleurs conjoint·es pour transmettre ses gènes et la satisfaction de ses besoins individuels, rarement alignés sur ceux de la collectivité, qui vit sous son emprise, parfois affirmée, parfois tacite.
Dans ma pratique d’Exécutive coaching, spécialiste de la gestion des comportements difficiles et toxiques, je le constate au quotidien. Toutes les organisations recèlent en leur sein des individus irrésistiblement attirés par le pouvoir. Pas les responsabilités, non. Juste la satisfaction du pouvoir… et, si l’échelle sociale ne les favorise pas, malgré leurs stratégies inavouées, la satisfaction du pouvoir de nuisance.
Ils sont mus par l’instinct du chef du troupeau, du dominant. Et sont prêts à tout pour parvenir au sommet.
… dans une société de désir…
La société de consommation, et les nombreux plaisirs qu’elle propose, agissent comme un aiguillon. Non seulement elle multiplie les désirs, mais elle les exacerbe dans la mesure où il suffit de se procurer de l’argent pour les obtenir. Et, dès lors, grimper l’échelle sociale, être vu et reconnu comme une personne de pouvoir.
Chez les dominants, les désirs sont limpides : argent, sexe, pouvoir. Soit l’accès aux meilleures ressources, la transmission des gènes, l’exercice de leur propre puissance. Lisez la presse. C’est évident, non ?
Notre société, assortie d’un cadre éducatif plus laxiste pour les enfants devenus rois, tyrans ou, plus récemment, dieux, qui éprouvent énormément de difficultés avec la frustration de leurs désirs, crée un véritable vortex. Le futur s’annonce, disons, intéressant…
L’instinct de dominant peut, dès lors, accéder à la satisfaction de ses désirs et exercer davantage de pression encore sur ses sujets… eux, pardon, sur ceux qu’il gouverne.
… qui glorifie l’égocentrisme
En outre, nous sommes de plus en plus centrés sur nous, nos besoins, nos envies, nos rêves, notre développement personnel, notre image. Notre ego. L’image du dominant en sort encore renforcée, lui qui est par nature égocentré.
Instinct de chef + échelle sociale + égocentrisme : le cocktail est explosif.
Mais c’est aussi leur plus grande faiblesse.
Ça les rend prévisibles… et manipulables, eux aussi.
La faille de sécurité la plus sous-estimée du pouvoir
« Ce que vous désirez vous possède déjà. » C’est la tagline de SexOD.
Il part d’une idée : et si on permettait artificiellement aux assoiffés de pouvoir de combler tous leurs désirs, cela les rendrait-il manipulables ?
Autrement dit : « Et si le plaisir était la faille de sécurité la plus sous-estimée du pouvoir » ? Qu’en adviendrait-il d’un (futur) homme d’État qui s’imagine tout-puissant ?
La réponse est dans SexOD, publié chez Patchenco Éditions. Crowdfunding du 15 mai au 30 juin 2026. Parution le 20 juin 2026.
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Avec Lucidité, Amour et Joie,
Patrick Collignon
Éditeur et écrivain — Executive coach