La différence entre « manager toxique », « collaborateur toxique » ou « conjoint toxique » ?

Il n’y en a pas.

Certains ont plus de pouvoir formel dans l’organisation. D’autres ont un pouvoir informel. Certains sont plus proches, émotionnellement. D’autres moins.
Certains ont un rôle relativement bien défini dans notre vie. D’autres pas.
(Je parle au masculin par facilité. Chaque phrase peut être mise à n’importe quel genre.)
Mais tous, si vous ressentez une forme de pression, ne serait-ce que pour accepter quelque chose qu’à la base vous auriez refusé…
Tous, si vous avez l’impression de compter pour du beurre…
Tous, si vous ne savez jamais sur quel pied danser…
Tous, si vous vous sentez coupable sans savoir pourquoi…
Et tous, si une crainte sourde précède toute interaction un tant soit peu importante…

… mettent plus de poids dans le fait d’obtenir un « oui » que vous n’en mettez dans le fait de leur dire « non ».

Ce n’est plus vraiment une relation. Vous êtes pris·e dans un rapport de force.

Les chefs de meute…

Le mâle (ou la femelle) dominant·e au sein d’un groupe a accès aux meilleures ressources, aux meilleurs conjoint·es pour transmettre ses gènes « supérieurs » au niveau adaptatif et fait passer, avant ceux du groupe, ses besoins « supérieurs », eux aussi. N’assure-t-il pas, par son leadership et son pouvoir, protection et régulation sociale ? N’est-il pas, dès lors, au-dessus du lot ?

Ça vaut chez les lions, les loups, les cerfs, les gorilles ou les gnous.
Ça vaut pour tous les mammifères qui vivent en troupeau.

Nous sommes des mammifères ? Nous vivons en clans, en bandes, en société, bref, en troupeaux ? Alors, ça vaut aussi pour nous !

L’intuition géniale de Jacques Fradin¹, vous ne la trouverez pas dans beaucoup d’études, sauf celles qui se consacrent aux psychopathes — qui forment la version la plus extrême du dominant de base. Vous ne la trouverez pas non plus, parce que les « dominants » n’en font pas la promotion.

Comme vous ne les verrez pas chez les psychologues, parce qu’ils n’ont pas de problèmes (eux) et ont tendance à ne pas s’estimer responsables de ce qui arrive à leur entourage… finalement défaillant, selon eux.

Pourtant, vous les connaissez.

Les territoriaux

Il y en a au moins un parmi vos proches. Partons du principe qu’il en fallait un dans chaque clan préhistorique, qui avait tendance à se scinder quand il atteignait la taille de 25 à 30 individus. Donc : 1 humain sur 12 à 15 est « dominant » (en comptant large).

Son « mojo » ? Il faut que les choses se passent comme il veut, quand il veut, s’il veut. Il doit être le centre des préoccupations. Il règne sur un groupe. Le sien.

Vous le (re)connaissez. Dès qu’il lui semble perdre le contrôle, il réagit pour reprendre le lead. Il vous humilie, vous toise, vous culpabilise ou insiste encore et encore. Pour obtenir ce qu’il veut. Jusqu’à ce que vous cédiez à ses souhaits.

En fait, il règne sur son territoire. Sans vergogne et sans contrepartie.

Vos valeurs passent à la trappe

Et vous, si vous le repérez, vous lui rappelez vos droits. Vous faites appel à son humanité. Parfois, vous êtes submergé·e par vos émotions.
Vous êtes juste à côté de la plaque. Il n’en a cure.
Pas parce qu’il ne veut pas. Il défend aussi des valeurs, non ?
Mais parce qu’il ne peut pas. Dans sa programmation cérébrale, le territoire sera toujours prégnant sur l’axe émotionnel et des valeurs. C’est instinctif, animal, irrépressible.
Ce n’est pas pour cela qu’il convient de se laisser faire, évidemment.

Comprendre ce mécanisme, c’est déjà reprendre du pouvoir. Parce qu’on cesse de chercher à convaincre quelqu’un qui ne peut pas être convaincu — et qu’on commence à adopter les bonnes stratégies.

Écrire pour (vous) informer
Il y a des choses à mettre en place.
Ça commence par observer, identifier et comprendre ce qui se déroule sous nos yeux. C’est ce que j’explore dans mes accompagnements en Executive coaching.
Et ça continue par informer. Comme je le fais dans mes fictions — les thrillers de la collection Semeurs de Givre, chez Patchenco Éditions. Parce que la fiction permet parfois de voir ce que la réalité brouille.

Ça vous parle ? Abonnez-vous à notre newsletter pour vous tenir au courant et découvrir nos prochaines parutions.
Et soutenez nos financements participatifs !

Avec Amour et Joie,
Patrick Collignon
Executive Coach et conférencier — Éditeur et écrivain

Référence
¹ Fradin J. et Lefrançois C. (2014). La thérapie neurocognitive et comportementale. De Boeck.